Pour en revenir à la mise en scène, si l’on faisait une étude comparative des pièces

On ne peut nier que la réalité, en montant sur la scène et en venant y jouer le rôle qui lui est propre et y exercer une influence contingente, ne contribue, absolument comme cela se passe dans la vie, à modifier, à diversifier et, par suite, à enrichir la pensée poétique en lui fournissant des formes nouvelles et imprévues. A mesure que décroît le nombre des parties justement associées dans les images mises en présence, la fantaisie perd de son prix, n’est bientôt qu’une sorte d’imagination vagabonde et déréglée, devient enfin grossière et tombe dans ce qu’on appelle familièrement la bêtise, qui n’est autre chose qu’une contradiction irrémédiable entre deux images conjuguées. Le jugement du public est subordonné à l’idée qu’il se fait de la réalité. Voilà l’idée générale. Comme dans la vie réelle, le spectateur perd la notion du temps dès que son attention est détournée; il perd alors de vue ce concept abstrait pour lequel il ne possède pas d’unité de mesure absolue.

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