Cela se conçoit; car c’est là seulement que, lorsque les personnages n’agissent pas ou ne prennent

Comment donc ces mêmes personnages, qui composent encore aujourd’hui notre personnel tragique, prendraient-ils à nos yeux une consistance historique qu’ils n’ont jamais eue? Ce qui nous trompe, et ce qui en cela fait le plus grand honneur à l’art, c’est la vérité et la puissance des passions auxquelles les acteurs prêtent l’apparence matérielle de leurs corps.

Je ne puis résister au désir de citer un bel et dernier exemple, tiré d’une pièce toute moderne et essentiellement parisienne, _les Rois en exil_, que des susceptibilités politiques ont arrêtée trop tôt pour le plaisir de ceux qui sentent l’intérêt artistique qu’offrent tous les ouvrages de M.

_–Invasion du réel. Aujourd’hui, on en sera frappé pour peu que l’on porte son attention sur ce point, il est incontestable que la musique joue un rôle considérable dans nos pièces de théâtre, et qu’elle y apparaît avec sa puissance propre. Où la théorie réaliste ou naturaliste reprend de sa valeur et de son importance, c’est lorsqu’elle nous fait une loi de substituer la vue directe et immédiate des objets à leur vue indirecte et médiate, c’est-à-dire de repousser l’interposition, entre la nature et nous, de tempéraments artistiques différents de notre propre tempérament. Quel rôle particulier est appelée à jouer la mise en scène dans cette évolution de l’art dramatique? C’est un point qu’il me reste à examiner. Le premier exigeait que je suivisse pas à pas le travail de la mise en scène, à partir du moment où l’auteur dépose son manuscrit jusqu’au moment où le rideau se lève pour la première représentation. Soudain, deux ou trois cavaliers débouchent du fond, suivis d’une meute de vrais chiens: immédiatement la forêt devient un joujou. On a pu m’accorder les propositions émises précédemment et en reconnaître la justesse.

Dans ces cas de dualité, il y a quelques précautions à prendre. Qui ne se souvient de l’effet saisissant du _De profundis_ qui glace d’effroi Gennaro et ses compagnons, à la fin du festin où Lucrèce Borgia vient de leur faire verser du poison? Au premier et au second acte de _Marie Tudor_, la même romance chantée par Fabiani, qui s’accompagne sur une guitare, est employée comme une poétique formule d’amour.

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