Comment se fait-il que dans la tragédie on n’ait pas davantage senti la nécessité d’ajuster l’aspect

La mise en scène s’est bien lentement perfectionnée et nos idées sur le costume datent à peu près de la fin du siècle dernier. On relègue bien la figuration dans les derniers plans; on en masque autant que possible la vue, en ne la montrant que par échappées; mais il faut que le texte se prête à ces subterfuges.

C’est le cas de remarquer combien il est heureux que toute mise en scène soit de sa nature destructible; car si par impossible on avait conservé celle _d’Antony_ et qu’on nous l’eût remise aujourd’hui sous les yeux, on aurait pu sans doute espérer piquer jusqu’à un certain point la curiosité d’une partie du public, mais très certainement elle aurait produit un effet définitif désastreux et aurait été contre le but qu’on s’était proposé et qui ne pouvait être que celui de nous toucher et de nous émouvoir. Les exemples sont nombreux et bien connus. C’est bien assez qu’il ait à résoudre les contradictions qui résultent du jeu ou de la diction imparfaite des acteurs, ou de tant d’autres causes qui proviennent souvent, du poète lui-même.

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