Elles y gagneraient assurément, ainsi que les convenances artistiques

C’est même sans doute ce vers qui est cause de l’erreur.

Dans _le Demi-Monde_, si nous mêlions en regard le rôle d’Olivier de Jalin et celui de Raymond, l’un homme du monde, l’autre militaire, il est clair que les comédiens chargés de ces deux rôles ont immédiatement vu surgir à leurs yeux, des profondeurs de leur esprit, les images initiales de ces deux personnages. Les acteurs passent d’un théâtre à l’autre sans se fixer définitivement. Mais l’école moderne a fait un pas de plus, en cherchant à donner à l’évolution dramatique une cause naturelle objective, qui s’adressât à celui de nos sens qui est le plus artistique, à celui de la vue. Jadis, quand il y avait des théâtres en province et des troupes qui s’y établissaient à demeure pour la saison d’hiver, les directeurs, n’ayant en général à leur disposition qu’un très maigre appareil représentatif, avaient à se préoccuper dans une certaine mesure de la valeur des pièces qu’ils montaient. Mais la musique tient dans son empire l’expression des sentiments, et en dehors du charme qu’elle exerce sur l’oreille, ou conjointement avec lui, elle provoque dans tout notre être, toujours par l’intermédiaire de l’oreille, un ébranlement qui se propage dans tout le système nerveux, et qui détermine en nous des états généraux identiques à ceux que nous éprouvons dans la tristesse, dans la joie, dans l’enthousiasme, dans la langueur, dans l’attendrissement, etc.

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