En outre, la recherche de l’impression réelle avait d’avance annihilé tout l’effort artistique des comédiens

On devait donc avoir grand soin de ne pas feuilleter les gravures de modes, les journaux illustrés, mais de s’inspirer de portraits, de bustes, de gravures, c’est-à-dire, en un mot, d’oeuvres d’art. L’art pour eux n’est qu’un jeu de leur imagination; et de même qu’ils ne nous doivent que l’apparence des êtres, de même ils ne nous doivent que l’apparence des choses. Alors, c’est, l’oeil seul du spectateur qui inclinera toutes les lignes des décors au point de fuite, et les acteurs, en s’enfonçant dans les profondeurs de la scène, seront partout à leur place et n’auront que les dimensions qu’ils doivent avoir. Que le surlendemain les deux mêmes acteurs reparaissent dans _Mademoiselle de Belle-Isle_, sous les traits du duc de Richelieu et du chevalier d’Aubigny, voilà encore des images initiales qui sont dans un certain rapport, d’une part, avec le marquis de Presle et Olivier de Jalin, d’autre part, avec Montmeyran et Raymond, mais qui se distinguent cependant par des nuances multiples d’une grande importance, auxquelles s’ajoute la différence des époques, des costumes, des milieux, des caractères historiques, etc.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *