Un directeur inintelligent pourrait seul avoir la fantaisie de satisfaire un sens qui au théâtre ne

La véritable scène où se meuvent les personnages du drame, c’est le cerveau même du poète: c’est là qu’il faut chercher les mobiles secrets de ses héros, qui obéissent bien plus à la volonté expresse de leur créateur qu’à la logique de leurs propres passions; et c’est là seulement que peuvent entièrement se réaliser ses conceptions scéniques et décoratives souvent à peu près irréalisables, comme dans _le Roi s’amuse_. Pour les poètes, c’est un exemple toujours présent, qui domine leurs efforts, ne les laisse jamais satisfaits de leurs propres ouvrages et les pousse dans la voie indéfinie du progrès. Mais, au contraire, tout ce que son oeil juge réel et voit détaché de la décoration éveille son attention, et il devine un rapport particulier entre tel ou tel objet et l’action du drame.

L’éclairage plus que médiocre de nos scènes modernes n’admet pas l’abus du style polychrome. On peut, au premier acte, admettre et conserver celui qu’il porte actuellement.

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