L’impression causée par la mise en scène est donc en même temps ressentie par le personnage

Destructibilité de la mise en scène. Ainsi il arrive assez souvent que dans une pièce ayant une valeur intrinsèque incontestable, mais dont les différents actes ont une puissance dramatique inégale, on est obligé de masquer la langueur momentanée de l’action par un habile déploiement de mise en scène. Mais tel qu’il apparaît au début de la pièce, tel il doit rester jusqu’au dénouement. Ramenée ainsi dans ces limites plus étroites, l’école réaliste peut se défendre et se justifier. Corneille, Racine et Molière servent de conscience, soyons-en sûrs, à ceux-là mêmes qu’enivre la popularité, et que semble aveugler le contentement de soi-même. Quand tous les rôles sont sus, on les assemble; alors commence le travail long et minutieux des répétitions, car on se propose d’arriver à une harmonie générale et à un ensemble, qui souvent, à défaut d’acteurs de premier ordre, suffisent à assurer le succès. Quand on s’efforce d’élever et de purifier le goût des jeunes gens, de leur ouvrir l’esprit, de leur faciliter l’accès des oeuvres immortelles qui sont la gloire de l’esprit humain, on travaille en définitive (que n’en sont-ils persuadés!) à leur procurer des plaisirs réels, des émotions aussi vraies, moralement et physiquement, que toutes celles auxquelles ils aspirent et enfin cette sensation du beau, qui est la jouissance suprême de l’être humain et la raison dernière de l’art.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *