L’agitation du héros est interne et ne deviendra en quelque sorte externe que lorsque le sentiment

Ainsi donc, la direction d’un théâtre exige deux conditions de celui qui assume la responsabilité d’une pareille entreprise. La première, c’est que l’impression que nous cause la nature se ramène toujours dans la réalité à quelques sensations très simples, telles que la présence ou l’absence de la lumière, le mouvement ou le repos des objets, le bruit ou le silence, le plus ou le moins de vapeur humide dans l’atmosphère, le plus ou le moins de grandeur ou de profondeur, etc. De même que la mise en scène peut pécher par excès, elle peut aussi pécher par défaut. La ressemblance entre les deux sera surtout dans une certaine rectitude morale. Quand, par exemple, on examine à ce point de vue la décoration du premier acte des _Rantzau_, on remarque tout d’abord une grande abondance dans l’ensemble décoratif. La véritable scène où se meuvent les personnages du drame, c’est le cerveau même du poète: c’est là qu’il faut chercher les mobiles secrets de ses héros, qui obéissent bien plus à la volonté expresse de leur créateur qu’à la logique de leurs propres passions; et c’est là seulement que peuvent entièrement se réaliser ses conceptions scéniques et décoratives souvent à peu près irréalisables, comme dans _le Roi s’amuse_.

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