La mise en scène se modifie comme la société

Aussi le point de départ essentiel de cet art transcendant était la convention. Mais la mise en scène peut-elle aspirer à jouer un rôle personnel et actif dans l’évolution du drame? Et, s’il lui est permis d’envisager une telle perspective, quelles sont les limites infranchissables imposées à son ambition? On est conduit à envisager ce rôle de la mise en scène en reconnaissant la valeur, en quelque sorte psychologique et morale, qu’a prise la nature dans la littérature moderne. Dans les chapitres précédents, nous avons parlé du jeu de scène, en le considérant comme un acte isolé, détaché d’un ensemble dramatique ou comique. Aussi l’avenir immédiat semble appartenir à l’art nouveau. Si par impossible on pouvait arriver à une vérité absolue et nous représenter nos tragédies dans les véritables costumes des contemporains de Thésée ou de Périclès, de Tarquin ou d’Auguste, nous ne les trouverions nullement ressemblants à ceux que nous propose notre imagination, et l’artiste en nous réclamerait avec raison contre ce mépris et cet oubli de l’idéal.

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