Ses gestes ne sont plus désormais emprisonnés dans ses voiles, et c’est avec toute la furie

Le spectateur se trouve ainsi préparé à telle évolution du drame, à tel acte tragique d’un personnage, à tel dénouement. Du costume de Phèdre. Posons maintenant quelques principes généraux de statique théâtrale. Cette question a été justement agitée, récemment à propos de la reprise _d’Antony_. Toutefois, une réflexion s’impose, qui nous permet de ne pas tenir grand compte de ce vieillissement certain: c’est que, dans une oeuvre dramatique, la mise en scène est la partie essentiellement destructible. On se tromperait d’ailleurs si on croyait que nous sommes ici en contradiction avec ce que nous avons dit dans le commencement de cet ouvrage, car il y a un ordre de sensations auxquelles on ne parvient que par un effort constant et une puissante application de l’esprit, et que par conséquent la moindre distraction empêcherait de naître en nous. Le point fixe, immuable, c’est l’effet à produire; ce qui est mobile et changeant, c’est le moyen de produire cet effet. Concluons donc que dans notre société démocratique, où le nombre tuera l’idéal, s’il n’est conquis par lui, le maintien du répertoire classique à l’Odéon et à la Comédie-Française (joint à une réformation urgente de l’enseignement du Conservatoire) est en quelque sorte une mesure de rénovation sociale, de relèvement intellectuel et moral et de salut artistique.

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