La représentation l’amoindrit presque toujours, en atténue les proportions psychologiques et en rapetisse sensiblement les héros

Corneille, Racine et Molière servent de conscience, soyons-en sûrs, à ceux-là mêmes qu’enivre la popularité, et que semble aveugler le contentement de soi-même.

Au surplus, je ferai remarquer que dans tout ce qui précède il ne s’agit nullement de conventions esthétiques plus ou moins fondées.

Les deux conditions que nous venons d’énumérer ne sont pas les seules que doit remplir un directeur de théâtre. C’est pourquoi il ne faut rien de trop riche dans la décoration, rien d’inutile dans le matériel figuratif, rien de trop vrai surtout: des apparences de tableaux, des apparences de pendules, des apparences de meubles; des costumes sentant le théâtre et des accessoires sortant ostensiblement du magasin. Ce n’est pas l’effet représentatif qui a assuré la renommée du théâtre des Grecs, non plus que des théâtres étrangers et de notre théâtre classique. Supposons qu’une actrice, ayant créé il y a vingt ans le rôle d’une convulsionnaire, dût de nouveau en créer un semblable aujourd’hui, devrait-elle se contenter de reproduire identiquement le jeu de scène qui lui a valu jadis un succès? Nullement, car les idées que nous avons aujourd’hui sur les névroses sont sensiblement différentes de celles que nous avions il y a vingt ans.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *