Elle ne le serait pas si, par exemple, on jouait _le misanthrope_ dans le même décor

Le rôle du choeur, en effet, est tantôt actif, tantôt passif. On en a un exemple frappant dans _Ma Camarade_, où un acte d’observation et de fine comédie s’intercale entre deux actes de pure fantaisie. La disparition de l’orchestre entraîne cette conséquence que, lorsque la musique doit jouer un rôle dans une pièce, ce sont les personnages eux-mêmes qui sont les exécutants, soit qu’ils chantent avec ou sans accompagnement, soit qu’ils jouent d’un ou de plusieurs instruments. Entraînés par leur exemple, les Français à leur tour ont brisé cette triple entrave, ou plutôt ils n’en ont conservé qu’une seule, l’unité d’action. Sans le secours des décors, des costumes, d’une nombreuse figuration, combien de pièces, privées de ces moyens artificiels de détourner notre attention, n’oseraient ou ne pourraient affronter le jugement intégral de notre esprit. Les principes que nous venons d’exposer dominent l’art de la mise en scène et ne sont pas impunément violés en ce qu’ils ont d’essentiel.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *