C’est la nuit, tout dort dans le camp des grecs

La mise en scène ne doit avoir qu’un but, c’est de fournir un fond suffisant sur lequel se détachent en pleine lumière ces créations de la fantaisie. La première, c’est que l’impression que nous cause la nature se ramène toujours dans la réalité à quelques sensations très simples, telles que la présence ou l’absence de la lumière, le mouvement ou le repos des objets, le bruit ou le silence, le plus ou le moins de vapeur humide dans l’atmosphère, le plus ou le moins de grandeur ou de profondeur, etc. On arrive ainsi à renouveler et à diversifier, jusqu’à les rendre méconnaissables au premier abord, des drames à peu près aussi vieux que l’esprit humain. Précautions à prendre par le décorateur et par le metteur en scène. Nous goûtons donc un art que nos pères n’auraient pas apprécié, et, en dépit de son infériorité, nous éprouvons des charmes secrets à pénétrer dans les replis des êtres et des choses. Et dans ce cas la mise en scène s’élevait au rôle d’une puissance mystérieuse, supérieure à la volonté humaine: elle nouait ou dénouait le drame comme la fatalité antique.

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