Merci, tu es donc resolu a m’obeir en tout? –sans hesiter, je vous le jure

La pitie, la pitie, dit-il, c’est, au bout du compte, un acte instinctif par lequel nous nous supposons a la place de l’homme qui souffre; nous nous y voyons, par une operation imaginative qui nous fait souffrir son mal; et c’est nous que, egoistement, nous soulageons ou voulons soulager en lui. . Les epoux commencaient a echanger des paroles aigres-douces. Excusez-moi, monsieur le comte, repondit-il en s’inclinant et en demeurant debout. La jeune fille reprit: –Suis-je donc condamnee a demeurer encore longtemps ici? –Un peu de patience, j’espere que bientot tout sera fini, repondit l’inconnu d’une voix sourde; et lui que fait-il? –Toujours il est le meme, aussi sombre et aussi mysterieux, repondit-elle. . Eh bien! si tu m’arretes, c’est donc qu’elle m’aurait pour ainsi dire fait venir, comme en trahison, dans un piege?. .

Faites comprendre a cette brute de Grondard qu’on ne tue pas un homme comme un perdreau et que vous seriez punissables tous les deux de tirer sur moi, car enfin, il n’y a pas de raison suffisante pour ca, Alessandri!. ecoutez, dit le general en le retenant d’un geste. Cigalous choisit une vingtaine de chasseurs parmi lesquels il se compta et il fut convenu que le lendemain, a la pointe du jour, on partirait sous le commandement de Maurin.

Et plus il y a de vin, dit Maurin, moins on en vend. Tout a votre service, a l’occasion, monsieur le prefet. Il est sauve, pour cette fois. Mais qu’avaient-ils a craindre puisqu’ils fermerent et, du dehors, etayerent la porte avec un gros _cabrin_ (poutrelle) qui trainait la pour cette fin meme? Ils eurent un moment l’idee de s’y adosser, mais, pour dire la verite, le seuil et les entours etaient si facheusement souilles d’ordures de poules qu’ils s’en ecarterent un peu, et s’assirent, encore assez pres de la, sur deux grosses pierres, sous un arceau du cloitre. Mais elle etait oppressee. Et,–acheva-t-il simplement,–je la lui ai promise. Qu’y avait-il la dedans? Un monde! Tout ce qu’il faut pour vivre a la chasse, seul, au fond des bois, a savoir: douze gousses d’ail, renouvelables; deux livres de pain, un litre de vin, un tube de roseau contenant du sel, une gourde d’aigarden[1]; une coupe taillee dans de la racine de bruyere, coupe d’honneur offerte a Maurin par les chasseurs de Sainte-Maxime; deux paquets de tabac de cantine, deux pipes, un couteau-scie; un couteau-poignard de marin, dans sa gaine de cuir; un briquet, de l’amadou, trois alenes de cordonnier, un tranchet, une paire d’espadrilles de rechange (il en usait deux paires par semaine); une demi-peau de chevre tannee, pour le raccommodage de ses chaussures; deux tournevis, six livres de plomb, trois boites de poudre, deux boites de capsules (car bien qu’il possedat un fusil a systeme il prenait quelquefois son vieux fusil a piston); une boite de fer-blanc pour les oeufs et les sauces; douze metres de cordelette fine et solide dite septain; une paire de manchons. . La porte de la chambre a coucher ceda. Quand ils eurent passe le bois Rose se met a rire.

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