Il est, a la mairie d’auriol, ce que les bureaux sont aux ministeres

Il y eut un silence: –Je l’aimais, cet homme-la, ajouta-t-il. Si deja je ne voulais plus de toi, je te le dirais. Non pas, reprit le cavalier, c’est ici que j’ai affaire. . Le comte le salua respectueusement en l’invitant du geste a s’asseoir. . . Et la-bas, sous bois, tout en prenant la lievre aux dents du bon chien fidele, Maurin et Pastoure, temoins de l’aventure, en riaient a plein coeur. Et, apres, vous vous mettrez en route gaillardement. A partir de ce moment, sans le savoir, pechere! _ce joizeau_, c’est-a-dire cet oiseau bresilien se mit a cheminer, chaque jour un peu, par eau, par terre et par air, dans la direction de Draguignan–ou plutot de la bastide ou vivait Cabasse. Il m’apercut et vint a moi, d’une demarche compassee, d’une allure triste.

Grelotte! repetait en riant la foule, qui oubliait Pastoure pour persecuter le pauvre. Il faut dire qu’il n’y avait dans le ciel qu’un petit rien du tout de quart de lune mince comme une faucille qu’on a usee a force de la passer a la meule. Et le pauvre petit _masque_ le regarde si tristement, si tristement que l’hallali des desirs ne sonne plus dans ses nerfs exasperes, si tristement qu’il ne songe plus a la petite brune, fine et futee jusques au bout de l’orteil, qu’il ne songe plus a la grande rousse, grasse comme une oie, et bete donc! Si tristement que la tunique de lin des cheres _remembrances_ ne sera pas souillee–encore. Dolores, disait dona Carmen d’une voix caressante, vous etes plus brave que moi; mieux que moi vous connaissez don Ludovic, il est votre parent d’ailleurs: pourquoi cette reserve avec lui? –Helas, ma chere belle, repondit dona Dolores, cette reserve qui vous etonne m’est commandee par ma position meme. Je suis sur, dit-il, de votre opinion sur ce publiciste eminent, qui est l’auteur d’un beau livre sur les Jacobins.

mais si ton fiance se trouvait chez toi, ca n’irait pas bien, tu le sais. Maurin, qui ne l’a pas perdu de vue, en est desole. Maintenant, un peu fatigue, sa tete amoureusement posee sur l’epaule de l’inconnue qui ne soufflait mot, il se disait: –Ah! si je pouvais etre comme ca avec ma pauvre petite femme! Et il soupirait legerement. Celui-ci s’en saisit avec un mouvement de joie et le decacheta d’une main febrile.

Ma foi, s’ecria-t-il en prenant tout a coup son parti, je crois que c’est le mieux que j’aie a faire; ecoutez-moi donc. Il lui en veut d’avoir accepte ces relations platoniques. Pourquoi cela, maitre Maurin? –Parce que vous etes aimable. Il pense.

Une douce brise parfumee de framboises bruissait dans les lamelles des pins.

. Crois-moi, tu dois me laisser partir pour aujourd’hui, Alessandri, reprit avec fermete Maurin. Et vous attendez cette contrepartie de l’histoire? –Je l’attends, repondit severement le comte.

. Je croyais que cela valait mieux et que tes idees sur lui s’en iraient peu a peu ainsi, en silence, comme la fumee d’un vieux feu qui se consume et froidit. On n’en trouverait pas un autre a lui pareil! Le soir de ce jour, instruit de l’aventure de l’aigle par son ami le cantonnier, Parlo-Soulet, seul dans sa cabane, disait: –Faire servir une aigle des Alpes qui vole la-haut dans le ciel, a son amour de feniere (grenier a foin) avec une femme des Maures, ca, je n’y aurais jamais songe! De ce Maurin, pas moins, quelles idees il vous a! Mais tuer l’aigle juste quand elle a fini de vous rendre le service, ca, mon homme, ca me derange un peu dans l’idee que je me faisais de toi.

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